Dialogue entre Littérature et Arts-plastiques

Le Chemin de Faire est né de notre rencontre artistique en 2015  avec Pierre Chaveau, artiste peintre. Il s’articule autour des arts plastiques, de la littérature et du désir commun de s’inscrire dans le patrimoine de l’Entre-Deux-Mers, dans une volonté de réunir nature et culture.

Ce projet s’adresse à tout public, petits et grands, néophytes et amateurs d’arts, habitants de l’Entre-Deux-Mers, citadins et touristes.

S’inscrivant sur plusieurs générations, cette action culturelle propose chaque année :

  • Une programmation de lectures à voix haute, dans des ateliers d’artistes, chez l’habitant et dans des lieux patrimoniaux.
  • Une journée itinérante le deuxième week-end de septembre sur la piste cyclable Roger Lapébie qui traverse l’Entre-deux-Mers
  • La constitution d’un musée à ciel ouvert le long de la piste cyclable
  • Le recueil de témoignage d’anciennes garde-barrières et figures locales du territoire

Les Arts-plastiques

Le Chemin de Faire 2016 à 2041

La journée point d’orgue de chaque année, se déroulera  le deuxième week-end du mois de  septembre, sur la piste cyclable Roger Lapébie ; munis de brosses, pinceaux et peinture blanche, accompagnés des consignes de l’artiste peintre Pierre Chaveau, petits et grands,  vont participer à la réalisation du plus grand tableau collectif  du monde ( 110 000 m2) en peignant sur le bitume de la piste. De ces actes individuels va naître une oeuvre collective et durable !

Sur ce cordon ombilical allant de Sauveterre à Bordeaux, le Chemin de Faire va proposer au public de laisser une trace, nourrissant ainsi, d’année en année, une ligne de vie, prolongement et déclinaison de celle que l’artiste déroule depuis 2010 dans son oeuvre personnelle.

A raison d’un tronçon annuel de 500 m environ, ce tableau collectif, unique au monde atteindra son terme en 2041.

Le musée à ciel ouvert

Chaque année, un artiste sera l’invité du chemin de Faire.

Il participera à tous les moments clefs de la journée et une oeuvre lui sera commandée, enrichissant ainsi le musée à ciel ouvert. Cette oeuvre sera réalisée en bord de piste, sous le regard des passants, jalonnant leur promenade d’une présence artistique. Autre dimension du projet : faire qu’au fil des années, cette exposition permanente s’étoffe pour marquer le patrimoine de son empreinte artistique durable.

Cette démarche s’inscrit dans la volonté de réunir nature et culture, souvent encore opposées, socle sur lequel le 21 ème siècle fécondera sa créativité.

Pierre Chaveau

Diplômé en lettres, arts-plastiques et sciences de l’art de la Sorbonne et de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.

Il a à son actif plus de 40 expositions à Bordeaux, Paris, Bruxelles, Genève, Osaka, Santa Fe, etc… ainsi que des publications dans le domaine de l’art et de l’illustration.Depuis 2014, au cœur de l’Entre-deux-mers, il continue son activité artistique : créations, stages, conférences, écriture. Il travaille notamment sur une série qu’il appelle Ligne de vie et qu’il souhaite aujourd’hui partager avec le public. www.pierrechaveau.net

Il a réalisé en 2016 la première oeuvre du musée à ciel ouvert : une fresque de 300 m de long sur la piste cyclable de Créon, première impulsion au plus grand tableau collectif du monde.

Il conduit chaque année l’atelier d’arts-plastiques de la journée Chemin de Faire.

La Littérature

Entre-deux-Mers, Entre deux Arts

La peinture et la littérature

Les mots créeront leur chemin de Dire, dialogue entre la peinture et la littérature.

L’atelier de la piste va se transformer en ateliers des mots, invitant les participants à faire du hors-piste ; causeries en plein champ, lectures sur la place d’un village, performances, ateliers d’écriture et de lecture à voix haute à l’ombre d’un grand chêne, expositions temporaires dans un champ de tournesols, etc …

En soirée, un spectacle autour de l’oeuvre d’un artiste ou d’un écrivain sera donné.

La littérature viendra raisonner dans nos sens éveillés par cette expérience unique.

Une interrogation sur l’acte de créer, sur les liens étroits que les écrivains entretiennent avec les artistes, sur leurs zones d’influences mutuelles, sur les artistes écrivains, les écrivains artistes.

Nous avons choisi de puiser dans les journaux d’artistes, dans les écrits autour de la problématique de la création des textes fondateurs à notre propre création, de les travailler et de les partager. Une chambre à soi de V. Woolf, Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke en sont des brillants exemples.

Six lectures autour de ce dialogue jalonneront l’année, dans des ateliers d’artistes de l’Entre-Deux-Mers ou chez l’habitant pour converger vers la journée point d’orgue du Chemin de Faire, le deuxième week-end de septembre.

Ces rencontres littéraires seront l’occasion pour l’artiste qui nous ouvrira les portes de son lieu de création, de présenter son travail et d’engager une conversation avec le public présent.

Le texte éclaire l’œuvre plastique, l’œuvre plastique prolonge le texte. Chacun peut devenir le prétexte de l’autre.

Le Chemin de Faire ou l’Art de Faire son Chemin.

Récit de vie

Autre voie du chemin, Jean-François Meekel va récolter les témoignages de 3 anciennes garde-barrières, récit d’une génération qui s’estompe, présence d’un temps révolu où la communication se faisait par le train. Ces écrits seront une enquête sociologique des années 50, ils deviendront matière à des lectures.

Ecrit de Jean-François MEEKEL juillet 2015

«Le Chemin de Faire» fut préalablement un chemin de fer, cette fameuse ligne qui reliait et « ralliait » Bordeaux à Eymet en Dordogne, rapprochait les villes, les villages, les hommes et les femmes de ce pays d’Entre-deux-Mers.

Un trait presque droit à travers vignes et forêts. Le progrès, la modernité a relégué cet axe d’abord à l’abandon pur et simple.

Des parcelles de ce territoire public ont été annexées par ceux qui se sont installés dans les locaux abandonnés, gares, maisons de garde-barrière avant que le département n’ investisse à son tour ce chemin de fer pour en faire, sur le tronçon Latresne Sauveterre, la piste cyclable Lapébie, support du projet du Chemin de Faire .

Mais parmi ceux et celles qui ont fait ce chemin, il se trouve, par extraordinaire que trois d’entre elles sont toujours là incarnant cette époque, elles vivent là où elles œuvrèrent à quelques kms les unes des autres.L’une, Denise dans l’ancienne gare de Saint Brice, une gare de fret , d’où partaient des tonneaux de vins pour Bordeaux.

Elle en était le cheffe de gare et seule employée, quand la voie fut fermée, elle refusa d’aller « grossir » une troupe d’hommes à la gare de Langon, trop querelleurs, tout comme elle déclina l’offre d’un poste dans le Médoc, la voie était trop encaissée, elle avait besoin d’horizon, elle démissionna et développa un élevage de poulets, autour de la gare où elle pu rester.

En parallèle elle écrivait des poèmes et publia même un roman.Aujourd’hui, la salle d’attente est transformée en salon de lecture envahi de livres que la vieille dame dévore avec gourmandise.

Dans le village voisin, Frontenac, vivent à quelques centaines de mètres, Pepette et Charlotte, gardes barrières toujours fidèles aux postes qu’elles occupèrent à une époque où il fallait lever et baisser les grandes barrières rouges et blanches à la main.